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Senate Rejects address the issue of climate change - Obama wants at all costs keep up the theme of the environment, but ...

Canada
Le Devoir
31/07/2010

De sérieux doutes planent quant à la volonté de la classe politique américaine de progresser sur le dossier climatique Les démocrates n'avaient pas le choix: devant le refus du Sénat américain d'aller de l'avant avec leur ambitieux projet de loi sur l'énergie et le climat, grande priorité du président, ils ont été forcés de reporter aux calendes grecques l'adoption d'une réglementation plus stricte pour lutter contre les changements climatiques. À quelques mois de la rencontre internationale de Cancún, qui doit permettre de faire le point sur les progrès réalisés depuis Copenhague, cela n'augure d'ailleurs rien de bon. Et le temps presse.

Lorsqu'il se présente à la tribune des Nations unies, en septembre 2009, Barack Obama est bien conscient des attentes suscitées dans le monde depuis son accession au pouvoir, après huit années d'une présidence républicaine qui a usé de tous les stratagèmes afin de nier l'existence des changements climatiques. Lui a déjà dit haut et fort que l'environnement figurait parmi ses priorités. Même si une grave crise économique frappe son pays, il entend bien garder le cap.

Aucun État, qu'il soit grand ou petit, riche ou pauvre, ne peut échapper aux effets des changements climatiques, lance alors le chef de la Maison-Blanche à un parterre de chefs d'État. [...] La sécurité et la stabilité de tous les pays et de tous les peuples — notre prospérité, notre santé et notre sécurité — sont en danger, et le temps que nous avons pour remédier à cette situation est limité.

Cette apparente détermination avait été bien accueillie. D'autant que le désir de voir Washington passer de la parole aux actes était fort. Après tout, le symbole phare de l'économie de marché est responsable de plus 20 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Le monde compte beaucoup sur les États-Unis pour présenter un objectif de réduction des émissions, résumait d'ailleurs Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à quelques jours du début de la conférence internationale de Copenhague, en décembre dernier.

Chez lui, Obama avait franchi une première étape en faisant adopter par la Chambre des représentants — à une courte majorité — un projet introduisant pour la première fois aux États-Unis une limitation contraignante des émissions de CO2. L'objectif de réduction était de 17 % d'ici à 2020 par rapport à 2005 et de 80 % d'ici à 2050. Mais la véritable étape, cruciale, était de faire adopter son projet de loi sur l'énergie et le climat par le Sénat. Un objectif ambitieux puisqu'il prévoyait des incitatifs fiscaux pour réduire la consommation d'énergie et l'introduction d'un marché d'émission ne concernant que le secteur électrique, une concession majeure aux opposants au cap and trade. Les démocrates souhaitaient en outre favoriser le développement des énergies renouvelables et étendre la production de pétrole domestique, surtout au large des côtes américaines. Il était enfin question de développer l'énergie nucléaire.

Le Sénat dit non

Le changement de cap aurait été majeur. Près de 6,4 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sont rejetées dans l'atmosphère chaque année par les centrales électriques, les usines, les raffineries et les véhicules aux États-Unis. Le pays enregistre le deuxième niveau de pollution au monde après la Chine. Mais le Sénat a dit non, les républicains ayant réussi à rallier quelques démocrates réticents à l'idée d'approuver un plan climat qui contiendrait un système de droit d'émission de CO2, dit cap and trade. Le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, a donc annoncé qu'il renonçait temporairement au projet. Des mesures sur l'énergie plus modestes, dont un plan antimarée noire, sont maintenant débattues.

Grosse défaite donc pour le défenseur du Yes we can. Obama s'était beaucoup investi pour convaincre le Congrès d'adopter un tel projet, utilisant la tribune solennelle du Bureau ovale en juin pour affirmer, en pleine marée noire dans le golfe du Mexique, que le temps d'adopter les énergies propres est venu. Les démocrates étaient d'ailleurs conscients qu'il s'agissait là de la dernière tentative possible avant les élections de mi-mandat. Chacun sait que c'est la dernière chance du Congrès d'adopter une législation sur le climat et l'énergie ambitieuse, affirmait John Kerry en mai dernier. Le Congrès sera ensuite rendu incapable de résoudre cette question.

De quoi raviver de sérieux doutes quant à la volonté de la classe politique américaine de progresser sur le dossier climatique. Des doutes bien résumés par Paul Krugman, Prix Nobel d'économie et chroniqueur réputé au New York Times. Celui-ci y voit ni plus ni moins que la victoire de la lâcheté et de l'avidité.
Lâcheté, parce qu'on ne compte plus les rapports étoffés confirmant que les bouleversements climatiques sont provoqués par l'activité humaine et qu'ils engendreront des conséquences à ce point dramatiques que la survie de l'Homo sapiens est menacée à long terme.

Avidité, parce que Krugman voit dans cette nouvelle gifle la marque du lobbyisme pétrolier qui gangrène tout débat au Congrès sur les questions environnementales. Ils sont plus de 600 dans la capitale américaine. Une analyse du Washington Post démontrait par ailleurs la semaine dernière que les trois quarts des lobbyistes qui travaillent pour les pétrolières ont déjà occupé des fonctions au sein du gouvernement fédéral, certains à des postes très haut placés. Leur croisade pour l'inaction est d'autant plus malhonnête que, selon le nobélisé, toutes les estimations sérieuses démontrent que nous pourrions limiter les émissions de gaz à effet de serre avec, dans le pire des cas, un petit impact sur le rythme de croissance économique.

Quel plan post-Kyoto?

On craint également pour la suite des difficiles tractations qui doivent mener à l'adoption d'un plan post-Kyoto. La déception est d'ailleurs grande chez ceux qui plaçaient de grands espoirs dans l'administration Obama, surtout que le sommet prévu au Mexique arrive à grands pas. Tous remettent en question la capacité de la communauté de s'entendre sur des objectifs contraignants, alors que les États-Unis ont fait le choix de l'inaction... encore une fois. Lorsque l'administration Obama ira à Cancún, elle n'emportera pas grand-chose avec elle, estime Adele Morris, du groupe de réflexion Brookings Institution. Cela va changer de façon spectaculaire ce que les pays sont susceptibles de mettre sur la table à Cancún, renchérit Jake Schmidt, spécialiste des changements climatiques à l'organisation écologiste Natural Ressources Defense Council. Cela va sérieusement limiter ce qui peut être réalisé, déplore-t-il. Pour Daniel Fiorino, expert en politique à l'American University, il s'agit d'un pas en arrière, qui soulève la question de la crédibilité des États-Unis sur le plan international.

Certains redoutent notamment que les pays émergents comme la Chine ou l'Inde, parmi les plus gros pollueurs de la planète, se servent des difficultés rencontrées par les Américains comme prétexte pour refuser de s'engager davantage. Dans des pays comme l'Inde [...] le manque de progrès au niveau international devient un vrai danger pour la volonté d'agir sur ce défi vital, soulignait cette semaine Arabinda Mishra, de l'Energy and Policy Institute, en Inde. Dans le cas de la Chine, un pays qui a multiplié par trois ses émissions de gaz à effet de serre par habitant depuis 1990, pas question de sacrifier la croissance économique pour des questions d'ordre environnemental. L'empire du Milieu prend toutefois les grands moyens pour augmenter sa production d'énergies vertes renouvelables, en plus de fermer de vieilles usines polluantes.

Du côté européen, on n'a bien sûr pas attendu Washington pour progresser. Dans la première année d'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, soit en 2008, l'Europe des 27 avait réduit de 11 % ses émissions de GES par rapport au niveau de 1990, soit une réduction de 3 % supérieure à ses engagements légaux, selon le rapport publié en juin par l'Agence européenne de l'environnement. En comparaison, au même moment au Canada les émissions globales dépassaient de 24 % le seuil de 1990. Selon le protocole de Kyoto, les émissions canadiennes devaient plutôt se situer alors à 6 % sous le seuil de l'année de référence internationale. Celles des États-Unis le dépassaient aussi, mais de 17 %.

La classe politique du Vieux Continent s'inquiète de cette nouvelle volte-face américaine. Pour Corinne Lepage, euro-députée et ancienne ministre française de l'Environnement, l'avenir du protocole de Kyoto est en jeu. Il est le seul cadre juridique international contraignant qui réglemente les émissions de CO2 et fonde l'existence du marché carbone européen. La première phase du protocole de Kyoto expirera fin 2012 et, si rien n'est décidé à l'ONU, ce protocole risque de sombrer, prévient-elle.

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