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The Intergovernmental Panel on Climate Change want change, but slowly

Le GIEC veut bien changer mais lentement

Switzerland
Le Temps
15/10/2010
Etienne Dubuis

“Invité à adopter une longue série de réformes cette semaine à Busan, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a annoncé jeudi la création de groupes de travail pour étudier la question.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avait une bonne occasion cette semaine de clore la période de crise qu’il traverse depuis le début de l’année. Réuni en assemblée plénière à Busan, en Corée du Sud, il devait examiner les propositions de réformes qu’une instance d’expertise mandatée par l’ONU, l’InterAcademy Council, lui a adressées fin août dans le but d’améliorer son fonctionnement et de restaurer sa crédibilité auprès du grand public. Pas pu? Pas voulu? Toujours est-il que ceux qui attendaient de sa part un geste fort, marquant une claire volonté de changement, sont restés sur leur faim.

Le président du GIEC, l’Indien Rajendra Pachauri, ne s’est pas privé de lancer des fleurs à l’Inter­Academy Council au cours de la conférence de presse qui a terminé la réunion. Il n’a pas hésité non plus à souligner que le contexte dans lequel travaille son organisation a beaucoup évolué ces vingt dernières années et que cela supposait de s’y adapter. Il n’a pas annoncé pour autant la moindre décision, sinon celles de mieux appliquer les règles existantes et de constituer des groupes de travail chargés d’étudier les conclusions de l’audit.

Mieux appliquer les règles existantes? L’assemblée a exhorté les principaux auteurs et éditeurs des rapports du GIEC à exercer leur fonction avec une «autorité accrue». Sans leur donner pour autant davantage de moyens. «L’organisation dispose souvent des procédures adéquates, explique un témoin. Mais elle pourrait les mettre en œuvre plus strictement.»

Il reste que les règles existantes paraissent aujourd’hui insuffisantes. Pour en discuter, l’assemblée plénière a décidé de créer quatre groupes de travail chargés chacun d’un champ de réformes. Le premier revisitera les procédures, soit la façon dont sont sélectionnés les auteurs des rapports, choisies les sources, évaluées les incertitudes, incluses les divergences, résumés les rapports et corrigées les erreurs après leur publication. Le second se penchera sur la gouvernance du GIEC et passera en revue les suggestions de l’InterAcademy Council de renforcer sa capacité de décision en créant un comité exécutif capable d’agir en tout temps et un poste de directeur exécutif autorisé à s’exprimer au nom de l’organisation. Le troisième s’attachera à améliorer la stratégie de communication du groupe d’experts – «pour mieux transmettre la science, pas pour faire de l’agit-prop», insiste un participant. Le quatrième prendra enfin en main la gestion des conflits d’intérêts, un problème jamais sérieusement envisagé jusqu’ici malgré son évidence.

Il reste à savoir dans quels délais ces groupes de travail rendront leurs propres recommandations. Les responsables du GIEC interrogés jeudi à ce propos assurent qu’une longue liste de propositions seront soumises à la prochaine assemblée plénière, une réunion prévue en mai prochain à Abu Dhabi, dans les Emirats arabes unis. D’autres, en revanche, ne seront pas prêtes dans ces délais, celles en particulier qui touchent à la gouvernance, et donc au pouvoir. A Busan, de nombreux Etats, dont la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et une série de pays en développement, ont confié leurs craintes de voir un exécutif renforcé mordre sur leurs prérogatives. Si le principe d’une réforme paraît accepté, il n’en va pas de même des modalités, qui ne vont pas manquer de susciter un long débat.

Le président Rajendra Pachauri a profité de cette prudence générale. En poste depuis huit ans, il a été mis indirectement en cause par l’Inter­Academy Council, qui a critiqué la possibilité d’exercer plus d’un mandat (de cinq ou six ans) à la tête de l’organisation. Un certain nombre d’observateurs considéraient que Busan allait être sa dernière assemblée plénière, d’autant qu’il a accumulé les gaffes ces derniers mois. Il n’en a rien été cependant. «Il s’attendait clairement à être chahuté, confie un témoin, mais il a été rapidement rassuré. Personne n’a demandé sa tête.»

Interrogé en conférence de presse sur son sort, l’Indien a confirmé qu’il restait en place. «En tant que l’une des parties (avec l’ONU) ayant sollicité l’expertise de l’Inter­academy Council, j’ai maintenant la responsabilité de mener la réforme à bien, a-t-il raisonné. Et cela nous mène jusqu’en 2014, année où sera publié notre prochain rapport.»

A ceux qui s’étonnent de la lenteur du GIEC, un participant répond que les experts gouvernementaux avaient tous lu depuis quelques semaines les recommandations de l’InterAcademy Council mais qu’ils n’avaient pas eu l’occasion d’en discuter ensemble avant Busan. Or, explique-t-il, «l’audit lance des propositions très diverses parmi lesquelles il fallait commencer par mettre un peu d’ordre et qu’il faut aujourd’hui discuter point par point.»

Le calme des débats n’a pas été seulement le produit des circonstances cependant. Il a été aussi le fruit d’une stratégie. «Tout le monde est venu avec la volonté de ne pas casser le GIEC et de ne pas introduire non plus une discontinuité dans ses travaux, avoue la même source. L’organisation s’est lancée dans l’élaboration d’un cinquième rapport général et de deux rapports spécialisés: il aurait été risqué de briser son élan.»

Un choix a été fait, celui de la stabilité de l’institution, au détriment de la satisfaction des critiques. Le risque est grand que la crédibilité du GIEC, et donc celle de son prochain rapport, s’en ressentent. «La réponse donnée soulève plus d’une question, réagit ainsi le climatologue américain John Christy, l’un des principaux scientifiques consultés par l’InterAcademy Council. Comment ces groupes de travail vont-ils assurer leur objectivité? Du moment que la solution à la crise va être cherchée à l’interne, je doute qu’il puisse y avoir de grands changements de pratique ou de ton.»

L’assemblée plénière de Busan s’est terminée sur un incident étrange. Alors que sa fermeture aux médias avait été vertement critiquée cet hiver, Rajendra Pachauri s’est levé «comme un ressort» au milieu de la conférence de presse de clôture pour annoncer aux journalistes qu’il avait un train à prendre et qu’il n’avait donc plus le temps de répondre à leurs questions. Une rencontre ce vendredi matin avec le ministre coréen de l’Environnement, à Séoul, lui a paru compter davantage que son rendez-vous, plusieurs fois manqué déjà, avec l’opinion mondiale. La politique est un art.”

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