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What's left of you

Ce qu'il reste de vous

France
Le Soleil
10/11/2010
Marc Allard

(Québec) J'étais dans la section des fruits et légumes au IGA de Limoilou et je cherchais des céleris du Québec. À côté de moi, un homme dans la cinquantaine vérifiait les étiquettes, le sourire en coin.

- Vous cherchez des céleris du Québec? lui ai-je demandé.

- Oui. Tu dois être fier de moi, hein! T'sais, y'a pas d'âge pour commencer..., m'a-t-il répondu en s'éloignant vers les fruits.

Cette chronique est la dernière de la série Complexité volontaire. En réfléchissant à une conclusion, cette semaine, j'ai repensé à ce monsieur et à notre brève conversation d'épicerie. Que ce soit moi ou son beau-frère qui l'ayons incité à poser ce geste pour l'environnement, j'en retiens une chose : que quelqu'un, quelque part, a déteint sur lui.

J'écrivais dans ma première chronique que la naissance de ma fille m'avait poussé à prendre mes responsabilités environnementales. Dans 15 ans, je voudrais être capable de répondre sans baisser la tête à mon ado qui va me demander : p'pa, tu faisais quoi, toi, il y a 15 ans, pendant qu'il était encore temps de faire quelque chose?

Eh bien, jeune fille, moi et ta mère, on était en train d'acheter usagé, de manger bio et local, de composter, de prendre le bus, de fermer la télé et l'ordinateur et de baisser le chauffage. Je te jure, c'était pas toujours joyeux avec les vers de terre et tout; il fallait sacrifier une partie du confort auquel des années de nonchalance - OK, surtout la mienne - nous avaient habitués.

Mais bon, si j'ai choisi d'intituler cette série Complexité volontaire, c'est que je m'y attendais. Je savais que ça allait être plus compliqué pour nous d'agir selon nos convictions que de faire comme si la planète ne se réchauffait pas.

Cinq mois plus tard, la vie en vert nous apparaît pas mal moins pénible au quotidien. Même qu'on y voit plusieurs avantages, à commencer par l'argent qu'on économise en réduisant nos dépenses matérielles et le temps qu'on consacre à autre chose qu'à courir sur le «tapis roulant hédonique» dont je vous ai parlé il y a quelques semaines.

Au fil de la série, de nombreux lecteurs m'ont écrit pour me donner des tapes dans le dos ou derrière la tête. Je n'ai pu répondre à tous vos commentaires, mais à propos de mon texte sur «l'attrait du bac brun», j'aimerais dire à l'organisme Éco-Quartier et à la consultante en compostage domestique pour la Ville, Lili Michaud, que je suis à moitié d'accord avec eux.

Oui, la solution la plus écologique reste que les citoyens compostent eux-mêmes. Un troisième camion qui passe sur votre rue, c'est vrai, ça engendre encore plus de pollution. Mais pensez-vous vraiment que la Ville va réussir à convaincre tout le monde de s'occuper de ses pelures? Moi non plus.

Dans un autre registre, j'aurais aussi aimé vous présenter Robert Daigneault, un chef qui gagne sa vie en aidant les familles à planifier leurs menus - et à ne pas gaspiller de nourriture - et donne des cours de cuisine au IGA de Saint-Lambert-de-Lauzon. J'aurais également voulu vous entretenir de «l'hygiène naturelle infantile», une technique on ne peut plus verte qui permet aux bébés d'apprendre la propreté très jeune. Merci aux lecteurs qui nous ont suggéré de l'essayer : on lave beaucoup moins de couches.

J'arrête là. Et je conclus en vous rappelant qu'à la fin du mois, les dirigeants des pays membres des Nations unies se réunissent à Cancún, au Mexique, pour essayer de négocier un traité qui remplacera le Protocole de Kyoto. Je ne sais pas pour vous, mais s'ils échouent encore, je n'ai pas l'intention de baisser les bras.

Nos gouvernements suivront quand notre famille, nos amis et nos voisins vont agir pour que la planète arrête de cuire. Même si pour eux l'apogée de l'action environnementale consiste à mettre le bac de recyclage sur le bord du chemin, je pense que ce n'est que si vous persistez qu'ils iront plus loin. Et peut-être vous diront : «Tu dois être fier de moi, hein?»

El contenido de las noticias que se presentan en esta sección es responsabilidad directa de las agencias emisoras de noticias y no necesariamente reflejan la posición del Gobierno de México en este u otros temas relacionados.

    

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