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A special status for poor countries / Un statut spécifique pour les pays pauvres

France
Le Monde
26/11/2010

Force est de constater, à la veille de la conférence de la Convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC) de Cancun, que les conditions ne sont pas remplies pour qu'un nouveau protocole sur les émissions de gaz à effet de serre remplace celui de Kyoto. Cancun servira au mieux à consolider l'agenda de base conclu à Copenhague. Une fois de plus, les deux plus gros pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis, bloquent le processus de négociation alors qu'ils n'ont encore pris aucun engagement contraignant.

Une fois de plus, l'Union européenne, qui se veut exemplaire dans la lutte contre le changement climatique, fait preuve de frilosité. Alors que ses émissions de CO2 ont mécaniquement baissé sous les effets de la crise, elle conditionne son passage à un objectif de réduction de 30 % d'ici à 2020, comme s'il n'y avait pas urgence, comme s'il ne s'agissait pas là d'une nécessité. En attendant, Madagascar, les Philippines, le Zimbabwe, le Vietnam... comptent leurs morts, leurs blessés et leurs réfugiés climatiques. Le changement climatique tue, en effet, chaque année 300 000 personnes et oblige 50 millions de personnes à quitter leur lieu de vie.

Pour autant, le soutien financier à la lutte contre le changement climatique n'est pas dirigé en priorité vers les Etats les plus vulnérables au péril climatique. Le mécanisme de développement propre (MDP) établi par le protocole de Kyoto bénéficie en priorité aux pays émergents. Quant aux fonds d'adaptation au changement climatique, ils bénéficient pour la plupart indifféremment à l'ensemble des pays en développement. Lorsqu'ils sont ciblés, ils concernent les pays les moins avancés (PMA).

Otage

Or, cette différenciation entre pays en développement ne permet pas de garantir que " l'aide climatique " soit affectée en priorité aux pays qui en ont le plus besoin. En effet, l'île Maurice, le Honduras, l'Equateur ou le Vietnam qui ont un indice de développement humain relativement moyen, mais dont les capacités essentielles sont affectées par les effets du changement climatique, ne sont pas considérés comme PMA. De plus, dans la négociation climatique, ils sont représentés par des pays émergents, qui ne partagent pas les mêmes intérêts et préoccupations. Si l'on veut empêcher que, comme à Copenhague, les pays responsables du réchauffement climatique prennent en otage ceux qui y sont le plus exposés et qui n'ont pas la capacité d'y faire face, il faut donc reconnaître aux pays pauvres en grande difficulté climatique un statut spécifique et leur garantir des financements ciblés.

Pour ce faire, des critères transparents, réalistes et précis doivent être élaborés au plus vite. Nous proposons, sur la base des travaux menés par Ecologie sans frontière depuis un an, la mise en place d'un indicateur composite permettant de distinguer au sein des pays en développement les Etats " en  grande difficulté climatique ". Celui-ci pourrait intégrer quatre types de critères : l'impact du changement climatique sur les populations (nombre de personnes souffrant de malnutrition ou de maladies pandémiques, etc.); l'impact sur les ressources essentielles à la vie (disparition de point d'eau, perte de terre arable, montée du niveau de la mer, etc.); l'impact sur les ressources essentielles au développement économique (pénurie des ressources naturelles représentant la majorité des exportations, etc.) et la capacité des Etats à résister au dérèglement climatique (niveau de PIB par habitant, niveau d'investissement dans la R & D, etc.).

Afin de déterminer le niveau d'exposition au changement climatique de chaque pays et de mieux cibler les aides prévues dans le cadre de l'accord de Copenhague, une moyenne pondérée de l'ensemble de ces critères pourrait être calculée par une agence indépendante, à même de certifier le lien de causalité entre dérèglement climatique et données observées. Nous proposons également que, au-delà des petits Etats insulaires, les pays pauvres en grande difficulté climatique ainsi définis puissent siéger au sein d'un groupe de travail ad hoc dans le cadree de la CCNUCC, afin que leurs préoccupations soient relayées indépendamment de celles des autres PED.

S'il n'y a pas de grande avancée à attendre de la prochaine conférence internationale sur le changement climatique, le minimum au regard de l'impératif d'équité et de justice internationale est d'assurer à ces pays une prise en compte spécifique de leurs intérêts et une protection adéquate. Nous serons, sinon, collectivement coupables de "non-assistance à pays en danger climatique". La "clause d'équité" réclamée par les députés européens dans la résolution qu'ils viennent d'adopter pour la conférence de Cancun va dans ce sens, mais il faut désormais lui donner corps.

Nous avons interpellé les responsables européens et français chargés des questions climatiques. Nous appelons les ONG environnementales et les négociateurs climatiques à s'emparer du sujet pour Cancun et au-delà.

El contenido de las noticias que se presentan en esta sección es responsabilidad directa de las agencias emisoras de noticias y no necesariamente reflejan la posición del Gobierno de México en este u otros temas relacionados.

    

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