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Cancuún México 29 de noviembre - 10 de diciembre 
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A "feat" to cover the Cancun meeting

De l'exploit de couvrir la conférence de Cancún

Canada
Le Devoir
14/12/2010

L’omniprésence inquiétante des militaires se fait sentir partout le long des routes d’accès, mitraillette en bandoulière, quand il ne s’agit pas d’autos mitrailleuses qui suivent votre autobus le canon pointé dans votre direction.

Si je lève la tête de mon écran d'ordinateur, je vois une de ces plages célèbres de Cancún et une mer d'un bleu prononcé, striée de vert presque fluo. Avec en prime les palmiers et les huttes typiques de la région. Un rêve pour l'exercice du métier, pourrait-on penser.

Mais couvrir la conférence de Cancún relève de l'exploit, sinon d'une course à obstacles, programmée pour neutraliser tout ce qui grenouille du côté des ONG et sans doute aussi, dans une certaine mesure, du côté journalistique.

Comme le racontait un des organisateurs à un collègue: «On a voulu éviter un nouveau Copenhague» avec ses manifestations et arrestations aux portes de la zone de négociation au centre Bella l'an dernier.

Ici, les négociations ont été concentrées dans un énorme complexe hôtelier, doublé d'un centre de conférence, le Moon Palace, totalement isolé et protégé par des militaires. Il faut de 30 minutes à une heure le matin pour se rendre en autobus d'un des hôtels en bordure de la mer au Cancún Messe, endroit où tout le monde — délégués officiels, journalistes ou représentants d'ONG — doit passer aux détecteurs de métal, appareils que les Mexicains utilisent heureusement de façon moins névrotique que dans un autre pays voisin du Canada...

De là, il faut compter encore 15 minutes au moins en autobus pour se rendre au centre de presse proprement dit, lequel est lui-même à 10 minutes d'autobus du centre de négociations et des salles de conférence de presse!

Pour transporter les milliers de délégués, de militants et de journalistes, le Mexique a mobilisé une flotte de plusieurs centaines d'autobus, d'accès gratuit, dont les moteurs tournent sans arrêt, du matin au soir, même en attente, au ralenti, pour la climatisation, généralement trop forte. Une dépense d'énergie assez considérable pour une conférence sur le climat! Mais on a érigé une grande éolienne qui devrait, durant sa vie utile, épargner à la planète l'équivalent, dit-on, des gaz à effet de serre attribuables à la conférence.

En plus de ces inconvénients, les journalistes canadiens éprouvent une autre difficulté: trouver un représentant de notre pays. Rien, absolument rien n'a été fait pour donner un accès minimal à notre équipe nationale de négociation. La porte des bureaux du Canada est fermée et on y indique que seul le personnel autorisé peut y entrer. Certains en sont à se demander si le négociateur en chef, Guy Saint-Jacques, existe vraiment... On nous disait hier qu'il y aura aujourd'hui, à trois jours de la fin de la conférence, une première session d'information du ministre fédéral, John Baird, mais à son hôtel, le Westin, à 30 km du centre de presse!

Jusqu'à présent, il a été plus facile pour les journalistes canadiens présents à Cancún d'obtenir des informations des Européens, des Chinois et des pays en développement que du Canada. Le gouvernement canadien est probablement le seul à n'avoir pas encore organisé de point de presse pour ses journalistes, ce qui oblige ces derniers à trouver des informations sur la position canadienne auprès des journalistes et délégués étrangers!

En plus d'avoir segmenté en trois endroits différents les ONG, les médias et les négociateurs, les problèmes techniques sont nombreux. Au centre de négociation, le système Internet est si surchargé que plusieurs ont expérimenté des coupures de service en cascades sur leur ordinateur personnel. Au centre de presse, peu achalandé comparativement à celui de Copenhague — et sans doute en raison de son éloignement des délégués et de la salle de la plénière —, le système baigne dans l'huile. Mais la nourriture est infecte: quatre choix de sandwiches, identiques chaque jour, froids, indigestes et hors de prix.

Le service Internet est aussi un problème dans certains hôtels moins récents ou qui ne sont pas hauts de gamme.

Plusieurs hôtels n'ont pas de service Internet fonctionnel dans les chambres et l'Office du tourisme a inscrit des délégués dans ces hôtels même s'ils ont demandé expressément d'avoir ce type d'accès pour communiquer à toute heure du jour. Dans les halls d'entrée où les internautes se rassemblent pour capter la transmission sans fil, les directions n'ont pas même songé à déployer des tables munies de connexions électriques pour la horde de délégués qui arrivent tous avec des portables. Là aussi, les systèmes atteignent souvent leurs limites, car ils n'ont pas tous été conçus pour un pareil achalandage.

D'ailleurs, on peut noter la même méconnaissance des besoins des journalistes au centre des conférences: on a déployé plusieurs centaines d'ordinateurs à l'attention des délégués, tout comme à Cancún Messe pour les ONG. Mais pas une seule table avec de simples prises électriques pour les journalistes présents, lesquels traînent leurs ordinateurs avec leur documentation et leur protocole de transmission.

Et c'est sans compter l'omniprésence inquiétante des militaires partout le long des routes d'accès, mitraillette en bandoulière, quand il ne s'agit pas d'autos mitrailleuses qui suivent votre autobus le canon pointé dans votre direction. Sur la mer bleu-vert, on pouvait voir hier des vedettes rapides et des croiseurs militaires équipés de lourds canons. Ils ne sont pas là aujourd'hui. Peut-être craint-on l'arrivée des navires de Greenpeace?

Mais le ciel est bleu, la plage est blanche comme de la farine et les cocotiers se balancent au vent. Toutefois, on gèle dans les salles par excès de climatisation. Sans doute une stratégie d'un scepto-climatique qui veut prouver que le climat ne se réchauffe pas trop.

El contenido de las noticias que se presentan en esta sección es responsabilidad directa de las agencias emisoras de noticias y no necesariamente reflejan la posición del Gobierno de México en este u otros temas relacionados.

    

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